Escalade en Haute-Savoie

METEO ET ESCALADE

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Météo et escalade.

Voyons quelques notions afin d'optimiser le choix des falaises en fonction des conditions atmosphériques.

  • Les inversions de températures : Habituellement, plus on monte en altitude, plus on a froid. Mais quand se forme une inversion de température, c'est le contraire. Quand le temps est calme est dégagé, une inversion se forme systématiquement dans le fond des vallées pendant la nuit, surtout en automne et hiver où les nuits sont longues. Lors de la formation d'un bon anticyclone à cette période de l'année, on observe fréquemment de fortes inversions de température : En s'élevant de 300 à 500 m, on arrive ainsi à gagner 5 à 10 degrés, parfois 15 degrés, exceptionnellement 20 degrés ! Les fortes inversions de températures sont souvent "balisées" par une couche de brouillard ou stratus à basse altitude (éventuellement givrant) qui apparaissent comme de superbes mers de nuages lorsqu'on est au-dessus. En période hivernale, ces "grisailles" sont très fréquentes autour du Léman en dans la basse vallée de l'Arve (Bonneville Cluses), moyennement fréquentes dans la plaine d'Annecy, le bassin de Sallanches et la vallée du Giffre (Taninges, Samoëns). C'est à peu près 200 à 500 m au-dessus du sommet de la mer de nuages que l'on trouve les températures les plus douces. Dans ces situations, caractéristiques de la majorité des anticyclones de fin octobre à février, il est donc normal de grimper au soleil en T-shirt alors qu'on grelotte dans un brouillard givrant quelques centaines de mètres plus bas ! Il ne faut alors pas hésiter à monter en altitude alors que ça caille en plaine. Comment repérer ces situations : Il faut consulter le bulletin Météo-France de la Haute-Savoie. A courte échéance, le bulletin annonce toujours le sommet de la mer de nuages. Choisir alors une falaise orientée au soleil au moins 200 m plus haut (Attention, la mer de nuages est en général plus haute près du Léman, plus basse près du massif du Mont-Blanc), vérifier que le vent ne souffle pas ou choisir une falaise abritée. En cas d'absence de mer de nuages (s'il fait beau même en plaine), il faut repérer un texte indiquant un temps doux en altitude ou bien consulter l'isotherme 0 degré. En cas d'inversion de température marquée, le bulletin indique la valeur supérieure (s'il y en a deux) de l'isotherme 0 degré, en précisant qu'il y a "de l'air froid à basse altitude". Il faut alors choisir une altitude inférieur à l'isotherme 0 degré mais pas trop basse (dans une falaise ensoleillée et sans vent, on grimpe sans problème avec une température annoncée à 5 degrés). Le plus souvent, en cas d'inversion, on observe le maximum de température entre 1200 et 1500 m.

  • Régime de foehn : Lorsque qu'une perturbation gagne les Alpes alors que le vent d'altitude souffle à peu près du sud, le foehn se met à souffler sur le massif du Mont-Blanc, des précipitations se déversent sur le versant italien et le sud des Alpes alors que la Haute-Savoie reste partiellement ou totalement protégée. D'une manière générale, il est intéressant de rester en Haute-Savoie (le département français le mieux protégé par le foehn) quand sont annoncées de fortes précipitations dans le sud de la France. Dans ces situations, il est alors fréquent d'avoir un temps sec, bien prévu par le bulletin Météo-France de la Haute-Savoie alors que les bulletins nationaux annoncent de la pluie. La direction du vent d'altitude donne des indications intéressantes :
    - Vent à 4000 m de sud-est : La Haute-Savoie est entièrement protégée des précipitations, sauf exceptions.
    - Vent à 4000 m de sud : La Haute-Savoie est en grande partie protégée, à l'exception de l'extrême ouest (vallée du Rhône, Bellegarde), quelques petites "giclées" peuvent toucher la plaine de Rumilly, Annecy jusqu'à Genève, mais pas plus à l'est.
    - Vent à 4000 m de sud-ouest et vent à 2000 m de sud : La pluie pénètre sur les plaines du département (Rumilly, Bellegarde, Annecy, Genève, Bonneville, Thonon). En général, la pluie progresse ensuite sur les Préalpes (Bornes/Aravis et Chablais) pour atteindre en dernier le pays du Mont-Blanc.
    - Vent à 4000 m de sud-ouest et vent à 2000 m de sud-ouest : Il n'y a pas ou peu d'effet protecteur.
    Par régime de foehn, on cherchera donc les secteurs restant bien protégés. Si on choisit la proximité du Mont-Blanc, il faudra faire attention au risque de fort vent en vallée de Chamonix,

  • Faible perturbation, régime de traîne : Lorsqu'une perturbation atténuée atteint la Haute-Savoie, celle-ci peut ne pas donner de précipitation sur la plaine alors qu'elle aura une probabilité importante d'en donner sur le relief et surtout sur les Préalpes (Bornes/Aravis et Chablais). Par vent faible en altitude, il n'est d'ailleurs pas rare que les nuages n'arrivent pas jusqu'au pays du Mont-Blanc. S'il s'agit d'un régime de traîne (temps variable et froid à averses à l'arrière d'une perturbation), l'amélioration est plus rapide sur la plaine. Dans ces deux cas, il vaut mieux choisir les falaises de plaine (le Salève, les falaises d'Annecy, etc.), éventuellement des falaises de basse altitude dans les vallées, notamment au pays du Mont-Blanc.

  • La température : Les bulletins météo indiquent des températures mesurées sous abri. Il faut savoir d'une part que la sensation ressentie ne dépend pas que de la température et qu'en Haute-Savoie, d'importantes différences existent à cause de différents facteurs. Ainsi, une même personne habillée de la même manière et avec la même température de l'air, aura bien plus chaud au soleil qu'à l'ombre (contrairement à l'air, le corps absorbe le rayonnement solaire et se réchauffe), elle aura bien plus froid exposée au vent que sans vent (le vent évacue l'air réchauffé par notre corps et refroidit en plus la peau par évaporation). Quant à la température de l'air à un moment donné, elle varie en fonction de l'altitude (En moyenne, on perd 2°C lorsqu'on s'élève de 300 m mais pas toujours : voir plus haut le chapitre sur les inversions de température), de la présence ou non du soleil en fonction de la couverture nuageuse et de l'exposition (Une paroi verticale, si aucune montagne ne peut masquer le soleil, devient ensoleillée en été vers 7 h/8 h en exposition sud, 13 h/14 h en ouest, devient ombragée vers 13 h/14 h en est), du vent (un vent, même faible, accentue nettement la sensation de fraicheur ou de froid). Le fond des vallées, par beau temps est soumis à une forte amplitude thermique journalière (froid au lever du jour, chaud l'après-midi), elle est typiquement de 20°C à Chamonix. En plaine, l'amplitude est nettement moins marquée, de l'ordre de 12°C. Elle est plus faible dans les versants de montagne et sur les sommets, ce qui n'empèche pas d'avoir des grosses différences de sensation entre avant et après l'arrivée du soleil, d'autant plus contre une paroi rocheuse qui va se réchauffer si elle est bien exposée. A l'automne, un paramètre prépondérant est à prendre en compte si l'on veut grimper dans de bonnes conditions : Les heures d'ensoleillements. En effet, elles ne dépendent pas que de l'exposition mais aussi des montagnes qui peuvent cacher le soleil.

  • Le vent : En région de montagne, le vent, perturbé par le relief, est très variable d'un endroit à un autre, même en restant à altitude constante (Le vent à tendance à augmenter avec l'altitude). Les vents annoncés dans les bulletins météo sont des vents moyens à l'échelle de la Haute-Savoie. Ils sont généralement plus forts là où les montagnes sont basses (abords des Préalpes), plus faibles là où elles sont hautes (près du massif du Mont-Blanc, sauf en cas de régime de foehn où le vent peut-être beaucoup plus fort qu'ailleurs, surtout en vallée de Chamonix). La plaine de Rumilly, Annecy, Genève, Thonon, est soumise essentiellement au vent de sud-ouest et au vent de nord-est (la bise) puisque le vent est canalisé entre le Jura et les Préalpes. Dans les pentes de la moyenne montagne, au printemps et en été, alors que le vent météo est faible, de légers vents appelés brises se forment dans les versants ensoleillés. Ils sont surtout sensibles dans les grandes voies à partir de la deuxième longueur, où ils rafraîchissent nettement l'atmosphère même si c'est la fournaise au pied de la falaise.

  • La pluie et les résurgences : La pluie mouille les dalles mais épargne les dévers... sauf quand elle tombe en trop grosse quantité. Des résurgences sortent alors, retardant plus ou moins le séchage des voies surplombantes alors que celles peu inclinées sèchent vite. Il est difficile de savoir à l'avance où il va y avoir des résurgences après du mauvais temps. Cela dépend de la quantité d'eau contenue dans le sol avant, de l'abondance des précipitations ainsi que de leur intensité. Les forts orages ne sont pas propices à créer des résurgences durables : La pluie est tellement intense qu'une grande partie de l'eau ruisselle sans entrer dans le sol. En été, le sol a généralement tendance à sécher en profondeur. Ainsi, les premières grosses précipitations de fin d'été ou d'automne sont bien absorbées, sans que le sol n'en restitue beaucoup dans les résurgences. Par contre, une fois le sol à saturation, la moindre pluie modérée provoque de nombreuses coulées qui peuvent être très longues à sécher. Il y a des résurgences rapides, qui sortent rapidement en cas de pluie mais qui sèchent vite (quelques jours) et des résurgences lentes, qui ressortent lentement quand elles ont séché mais qui nécessitent une à plusieurs semaines de temps sec pour disparaître. Certaines falaises sont peu soumises aux résurgences, d'autre le sont beaucoup.

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